ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
ARTICLE ORIGINAL  
Epidémiologie et pronostic du coma non traumatique de l’enfant au Togo en 2021  
Epidemiology and prognosis of non-traumatic coma in children in Togo in 2021  
Djatougbé Ayaovi Elie Akolly1,2, Koffi Mawusé Guedenon,1,2, Ghislaine Kabengele1, Nadiédjoa Kokou Douti2,  
Koffi Edem Djadou2.  
1. Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio de Lomé, Togo  
2. Département de pédiatrie, Université de Lomé, Togo  
Auteur Correspondant : Djatougbé Ayaovi Elie AKOLLY : 15BP110 Lomé 15 Lomé-Togo ;  
Téléphone : +22891610118 ; Mail : elianeakolly@yahoo.fr  
Reçu le 16/01/2024 ; Accepté le 29/05/2024  
RESUME  
ABSTRACT  
L’objectif de l’étude était de décrire la prévalence  
hospitalière, les étiologies et le pronostic à court terme  
du coma non traumatique de l'enfant.  
The objective of the study was to describe the  
hospital prevalence, etiologies, and short-term  
prognosis of non-traumatic coma in children.  
Patients and methods: a cross-sectional study was  
conducted from April 1, 2020, to March 31, 2021, in  
the pediatric department of the Sylvanus Olympio  
University Hospital Center in Lomé. The target  
population consisted of children aged 1 to 18 years  
hospitalized for coma. Sociodemographic, clinical,  
and paraclinical data were collected and analyzed  
using SPSS software version 25. Pearson’s chi-  
square test was used to compare proportions, with a  
significance level set at 0.05.  
Results: The hospital frequency of non-traumatic  
coma in children was 4.7%. Fever (73%), pallor  
(65%), and seizures (40%) were the main reasons for  
consultation. Coma was classified as stage 1, 2, and  
3 in 80.4%, 16.5%, and 3.2% of cases, respectively.  
Severe malaria (68%) and severe sepsis of  
undetermined etiology (21%) were the main  
identified causes. The mortality rate was 10.8%, and  
7.5% of patients recovered with neurosensory  
sequelae. Rapid onset of coma within the first 48  
hours of symptom progression (p = 0.03), depth of  
coma at admission (p < 0.001), and age under 5 years  
(p = 0.012) were associated with increased mortality.  
Toxic/metabolic causes were the most lethal (p =  
0.016).  
Patients et méthodes : une étude transversale a été  
réalisée du 01er Avril 2020 au 31 Mars 2021 dans le  
service de pédiatrie du Centre Hospitalier Universitaire  
Sylvanus Olympio de Lomé. La population cible était  
constituée des enfants âgés de 1 à 18 ans, hospitalisés  
pour coma. Les données sociodémographiques,  
cliniques et paracliniques recueillies ont été analysées  
avec le logiciel SPSS version 25. Le test de Khi2 de  
Pearson avec un seuil de signification de 0,05 a été  
utilisé pour comparer les proportions.  
Résultats : la fréquence hospitalière du coma non  
traumatique de l’enfant était de 4,7%. La fièvre (73%),  
la pâleur (65%) et les convulsions (40%) étaient les  
principaux motifs de consultation. Le coma était classé  
aux stades 1, 2 et 3 dans respectivement 80,4%, 16,5%  
et 3,2%. Le paludisme grave (68%) et le sepsis sévère  
d’étiologie indéterminée (21%) étaient les principales  
étiologies retrouvées. Le taux de mortalité était de  
10,8% et celui des guérisons avec séquelles  
neurosensorielles de 7,5%. La survenue rapide du coma  
dans les 48 premières heures d’évolution des  
symptômes (p=0,03), la profondeur du coma  
à
l’admission (p < 0,001) et l’âge inférieur à 5 ans  
(p=0,012) étaient les facteurs de surmortalité. Les  
causes toxiques/métaboliques étaient les plus létales  
(p=0,016).  
Conclusion : ce travail a permis de confirmer la  
prépondérance des causes infectieuses. L’amélioration  
du plateau technique et l’élargissement de la couverture  
Conclusion:  
This  
study  
confirmed  
the  
predominance of infectious causes. Improving  
technical facilities and expanding universal health  
coverage to the entire population are essential to  
facilitate appropriate management.  
sanitaire universelle  
à
toute la population est  
indispensable pour faciliter la prise en charge adaptée.  
Mots clés : coma non traumatique, enfant, Togo.  
Keywords: non-traumatic coma, child, Togo.  
approfondie, l’étiologie reste inconnue dans environ  
15% des cas [4-6]. Au Togo, les méningites  
bactériennes représentaient 35,3% des causes de  
INTRODUCTION  
Le coma non traumatique représente 5 à 16% des  
motifs d’admission aux urgences pédiatriques  
médicales [1-3]. Les étiologies sont dominées par les  
infections, mais parfois, malgré une enquête  
coma  
non  
traumatique  
de  
l’enfant avant,  
l’introduction de nouveaux antigènes dans le  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 13  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
programme élargi de vaccination (Haemophilus  
enfants de moins de cinq ans représentaient 47,5% ;  
les tranches d’âge de 5 à 11 ans et 12 à 18 ans  
représentaient 43% et 9,5%.  
Données cliniques et paracliniques : le mode  
d’admission par référence représentait 77,8%. La  
durée médiane d’évolution des symptômes avant  
l’admission était de 48 heures avec un intervalle  
interquartile de 18 à 72 heures. La fièvre était le  
principal motif de consultation (tableau I).  
influenzae B en 2008 et pneumocoque en 2014) qui  
ont permis de réduire de 88% l’incidence des cas de  
méningite à pneumocoque [1,7]. L’objectif de  
l’étude était de décrire la prévalence hospitalière, les  
étiologies et le pronostic à court terme du coma non  
traumatique de l'enfant au Togo en 2021.  
PATIENTS ET METHODES  
Une étude transversale a été réalisée du 01er Avril  
2020 au 31 Mars 2021 dans le service de pédiatrie du  
Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio  
de Lomé. Les critères d’inclusion étaient l’absence  
de traumatisme, l’âge de 1 à 18 ans et un score de  
Tableau I : Répartition des enfants selon le motif de  
consultation  
Motifs de consultation  
Effectif  
Pourcentage  
Glasgow pédiatrique  
12/15. La taille de  
Fièvre  
116  
103  
64  
57  
38  
21  
4
73,4  
65,2  
40,5  
36,1  
24,1  
13,3  
2,5  
l’échantillon a été calculée avec la formule de  
Schwartz pour la validité des études transversales.  
La fréquence attendue selon l’étude de Balaka et al  
était de 5,4% correspondant à une taille minimale  
estimée à 73 cas [1]. Les données épidémiologiques,  
diagnostiques, thérapeutiques et évolutives des cas  
enrôlés consécutivement ont été recueillies de  
manière prospective. La glycémie capillaire et le test  
de diagnostic rapide du paludisme avaient été  
réalisés à l’admission chez tous les enfants inclus.  
Pour la description de l’échantillon, les statistiques  
usuelles (fréquence, moyenne ou médiane) ont été  
utilisées. Pour les variables quantitatives, la  
moyenne (M) et la déviation standard ont été  
utilisées lorsque la distribution était normale ;  
lorsque celle-ci était asymétrique, la médiane (Me)  
et les percentiles 25 et 75 ont été utilisés. Les  
pourcentages ont été utilisés pour présenter les  
variables en catégories. Le traitement statistique a  
été fait avec le logiciel SPSS version 25. Le test de  
Khi2 de Pearson a été utilisé pour comparer deux  
proportions d’échantillons indépendants lorsque les  
effectifs théoriques étaient supérieurs à 5. Lorsque  
les effectifs théoriques étaient inférieurs à 5, c’est le  
test exact de Fisher qui était utilisé. Le seuil de  
signification était de 0,05 pour toutes les analyses.  
Définitions opérationnelles  
Pâleur palmoplantaire  
Convulsions  
Vomissements  
Céphalées  
Diarrhée  
Difficultés respiratoires  
Cent quarante enfants (88,6%) avaient reçu un  
traitement avant leur admission. Dans 48 cas  
(34,3%), il s’agissait d’une automédication de nature  
non précisée. Dans les autres cas, il s’agissait des  
médicaments pris isolément ou en association, dont  
les antipaludéens (45%), les antibiotiques (36,4%),  
les antipyrétiques (32,1%), les anticonvulsivants  
(10,7%) et les corticoïdes (5,7%). Une dénutrition  
aigue sévère avait été retrouvée dans 8,2% des cas.  
L’examen physique avait noté une pâleur sévère  
dans 30,4% des cas. Le coma était classé aux stades  
1, 2 et 3 dans respectivement 80,4%, 16,4% et 3,2%.  
Le  
bilan  
paraclinique  
avait  
révélé  
une  
hyperleucocytose dans 57%, une anémie dans 19%,  
une infection au paludisme dans 67,7% (tableau II).  
Le diagnostic retenu était dominé par le paludisme  
grave, suivi de loin par le sepsis sévère d’étiologie  
indéterminée (tableau III).  
Données thérapeutiques et évolutives : tous les cas  
de paludisme grave ont été traités avec de  
l’artésunate (3 mg/Kg de poids par dose pour les  
enfants de moins de 20 kg ; 2,4 mg/Kg de poids par  
dose pour les enfants de poids ≥ 20 Kg).  
Des antibiotiques ont été administrés à 130 enfants  
(82,3%). La transfusion a été faite à 68 enfants  
(43,0%). La durée médiane du coma était de 2 jours  
(IIQ : 2 - 4). Le retour à un état de conscience  
normale dans les 48 heures suivant l’admission a été  
observé dans 65,8% des cas. La durée médiane  
d’hospitalisation était de 6 jours (IIQ : 4 - 10). Nous  
avions enregistré 17 décès et 21 enfants étaient sortis  
sans avis médical. Le taux de mortalité était de  
10,8%. Parmi les 120 enfants guéris, 9 (7,5%)  
avaient développé des séquelles neurosensorielles à  
type d’aphasie, de monoparésie d’un membre  
inférieur et de tétraplégie.  
Le paludisme grave a été défini selon les critères de  
l’Organisation Mondiale de la Santé. La méningite  
aiguë bactérienne décapitée correspondait à une  
pleïocytose supérieure à 10 éléments dans le liquide  
cérébrospinal sans germe retrouvé à l’examen direct  
et à la culture avec une hyperprotéinorachie  
supérieure  
à
1g/litre et une hypoglucorachie  
inférieure à 0,5g/litre. Le sepsis sévère d’étiologie  
indéterminée correspondait à la persistance d’un état  
septique avec défaillance d’organe, sans étiologie  
retrouvée. La stadification du coma en fonction du  
score de Glasgow classait au stade 1 les enfants dont  
le score était compris entre 8 et 12, stade 2 entre 6 et  
7 et stade 3 entre 4 et 5.  
RESULTATS  
Données épidémiologiques : Pendant la période  
d’étude, 3345 enfants étaient hospitalisés dont 158  
dans un état de coma non traumatique, soit une  
fréquence de 4,7%. Le sex ratio était de 1,02. Les  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 14  
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Tableau I : Répartition des enfants en fonction du  
était plus forte en cas de méningite aigüe bactérienne  
bilan paraclinique  
(33,3%) (tableau IV).  
Bilans paracliniques  
Numération blanche  
Hyperleucocytose  
Leucopénie  
Effectif  
Pourcentage  
Tableau IIIV : Répartition des pathologies selon  
leur taux de létalité  
90  
1
57,0  
0,6  
Causes de décès  
Malades Décès (n)  
(n)  
Létalité (%)  
Normale  
25  
42  
15,8  
26,6  
Paludisme grave  
Sepsis sévère  
Méningite aiguë  
bactérienne  
107  
31  
9
8
4
3
7,47  
12,9  
33,3  
Non réalisée  
Taux d’hémoglobine  
< 7g/dl  
30  
46  
82  
19,0  
29,1  
51,9  
≥7g/dl  
Acido-cétose  
diabétique  
2
2
100  
Non réalisé  
Goutte épaisse  
Positive  
44  
87  
27  
27,9  
55,0  
17,1  
Facteurs associés à la mortalité : la survenue  
rapide du coma dans les 48 premières heures  
d’évolution des symptômes, l’âge inférieur à 5 ans,  
la profondeur du coma à l’admission et son étiologie  
étaient les facteurs associés à la mortalité (tableau  
V).  
Négative  
Non réalisée  
Test de diagnostic rapide  
Positif  
107  
51  
67,7  
32,3  
Négatif  
Glycémie capillaire  
Hypoglycémie  
Hyperglycémie  
Glycémie normale  
Protéine C-Réactive (CRP)  
Elevée  
26  
33  
99  
16,4  
20,9  
62,7  
Tableau V : Données analytiques  
Paramètres  
Décès  
(n=17)  
n (%)  
Guérison  
(n=120)  
n (%)  
p
13  
1
8,2  
0,6  
Normale  
Durée d’évolution des  
symptômes (heures)  
< 48  
0,030  
Non réalisée  
Urémie  
144  
91,2  
12 (70,6)  
5 (29,4)  
51 (42,5)  
69 (57,5)  
> 48  
Normale  
111  
29  
70,2  
18,4  
11,4  
Age (années)  
[1-5[  
[5-12[  
[12-18[  
Stades du coma  
Stade 1  
Stade 2  
Stade 3  
Etiologie du coma  
Vasculaire  
Métabolique  
Infectieuse  
0,012  
<0,001  
0,016  
Elevée  
8 (47)  
4 (23,5)  
5 (29,5)  
55 (45,8)  
57 (47,5)  
8 (6,7)  
Non réalisée  
Créatininémie  
Normale  
18  
109  
29  
69,0  
18,4  
12,6  
8 (47)  
5 (29,5)  
4 (23,5)  
99 (82,5)  
20 (16,7)  
1 (0,8)  
Elevée  
Non réalisée  
Liquide cérébro-spinal  
Hypoglucorachie  
Hyperprotéinorachie  
Normal  
20  
11  
22  
9
7,0  
14,0  
5,6  
0 (0)  
3 (17,6)  
14 (82,4)  
2 (1,7)  
1 (0,8)  
117 (97,5)  
Non réalisé  
116  
73,4  
DISCUSSION  
Tableau II : Répartition des enfants en fonction du  
La fréquence hospitalière du coma non traumatique  
de l’enfant au Centre Hospitalier Universitaire  
Sylvanus Olympio de Lomé sur une période de 1 an  
de 2020 à 2021 était de 4,7%. Les principales  
étiologies étaient le paludisme grave et le sepsis  
sévère. Le taux de mortalité global était de 10,8%.  
La fréquence hospitalière du coma non traumatique  
est restée stable en 10 ans dans le même service alors  
que la charge de morbidité de chaque affection a été  
sensiblement modifiée [1]. En effet, alors que les  
étiologies se répartissaient entre le paludisme à 44%  
et la méningite bactérienne à 35,3%, ces proportions  
sont passées respectivement à 67,7% et 5,7% ; ce qui  
pourrait s’expliquer par l’amélioration de la  
couverture vaccinale contre les germes responsables  
des méningites. La diminution des cas de méningite  
observée, était accompagnée d’une augmentation  
des cas de tableaux septiques sévères d’étiologie  
indéterminée dans notre étude. Au Kenya, les  
périodes de faible incidence du paludisme voyaient  
diagnostic retenu  
Diagnostic retenu  
Paludisme grave  
Sepsis sévère d’étiologie  
indéterminée  
Méningite aigue bactérienne  
décapitée  
Acido-cétose diabétique  
Accident vasculaire cérébral  
ischémique  
Etat de mal épileptique  
Insuffisance rénale  
chronique  
Intoxication à l’eau de javel  
Tumeur cérébrale  
Total  
Effectif Pourcentage  
107  
67,7  
34  
21,5  
9
2
2
1
1
5,7  
1,3  
1,3  
0,6  
0,6  
1
1
158  
0,6  
0,6  
100  
Les étiologies des décès étaient le paludisme (n=8),  
le sepsis sévère (n=4), la méningite (n=3) et l’acido-  
cétose diabétique (n=2). En dehors de l’acido-cétose  
où aucun des 2 enfants n’avait survécu, la létalité  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 15  
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une  
augmentation  
de  
272%  
des  
cas  
profondeur du coma était un facteur indépendant de  
surmortalité retrouvé par tous les auteurs.  
CONCLUSION  
d’encéphalopathie d’étiologie indéterminée chez les  
enfants hospitalisés pour coma non traumatique [8].  
Le taux de mortalité dans notre étude était de 10,8%  
et celui des guérisons avec séquelles neurologiques  
7,5%. Ces taux étaient de 27,6% et 28,2% dans le  
même service en 2012 [1]. Ce qui montre une nette  
amélioration du pronostic même si la mortalité reste  
encore élevée. Les faibles taux de réalisation des  
Ce travail a permis de confirmer la vulnérabilité des  
enfants de moins de 5 ans et de mettre en évidence la  
réduction de la mortalité liée au coma non  
traumatique de l’enfant au Togo. Les infections  
étaient les causes prédominantes. L’amélioration du  
plateau technique et l’élargissement de la couverture  
sanitaire universelle à toute la population est  
indispensable voire obligatoire afin de faciliter la  
recherche des étiologies virales, fongiques et autres,  
que ce soit pour les méningites ou les tableaux  
septiques graves. Les techniques de biologie  
moléculaire permettraient de poser le diagnostic des  
méningites bactériennes décapitées par des  
antibiothérapies avant l’admission à l’hôpital. Cette  
bilans  
biologiques  
observés  
confirment  
les  
difficultés financières des parents qui sont aggravées  
par l’absence d’assurance médicale laissant tous les  
frais et soins médicaux à leurs charges. Cette  
situation explique en partie le faible taux de  
réalisation des bilans à visée étiologique dans  
l’exploration des états septiques graves, en  
particulier les hémocultures. De plus, le dosage de la  
CRP et l’examen cytobactériologique des urines  
n’étaient pas réalisés aux heures de garde et le  
weekend. Le screening complet des patients pour le  
test de diagnostic rapide du paludisme et la glycémie  
capillaire à l’admission a été possible grâce à une  
prise en charge gratuite de ces deux examens. En  
zone d’endémie, une GE et/ou un TDR positif  
n’exclut pas une autre étiologie associée mais la  
limitation du plateau technique n’a pas permis de les  
explorer. La cause infectieuse était la plus fréquente  
(95%). Ce qui est conforme aux données de la  
littérature [3,8-11]. Cependant, il existe selon la zone  
géographique où l’étude est réalisée, une différence  
importante de la nature et de la répartition des agents  
infectieux responsables de cette infection. En  
Afrique subsaharienne, le paludisme est l’étiologie  
principale du coma non traumatique de l’enfant avec  
des proportions variables allant de 36,2% à 90,8%.  
En Turquie et au Pakistan, des fréquences plus  
élevées d’encéphalite virale et de méningite  
bactérienne avaient été retrouvées [3,11]. La  
réduction de l’incidence du paludisme pose un défi  
diagnostique dans la recherche étiologique des  
comas non paludiques dans les pays à ressources  
limités [12] même si parfois, malgré une recherche  
approfondie des agents infectieux par des techniques  
de microbiologie et de biologie moléculaire, aucun  
agent pathogène n’est isolé, dans des proportions  
pouvant atteindre 45% [13]. Une part importante  
d'enfants répondant à la définition clinique de l'OMS  
du paludisme cérébral peut avoir une encéphalite  
virale ou une méningite bactérienne. Ceci souligne  
la nécessité d'un diagnostic microbiologique  
approfondi chez les patients soupçonnés d'avoir une  
infection du système nerveux central [14,15]. La  
recherche étiologique est difficile dans les pays en  
voie de développement et des techniques de PCR  
améliorent sensiblement les résultats des recherches  
étiologiques [16,17]. Au Bénin, zone d’endémicité et  
de forte transmission de paludisme comme au Togo,  
aucune cause n’avait été retrouvée dans 7% des cas  
de coma non traumatique chez l’enfant malgré une  
recherche étiologique approfondie [18]. La  
recherche  
étiologique  
approfondie  
permettra  
d’adapter les recommandations et d’orienter les  
lignes directrices en matière de prise en charge et de  
prévention dans les contextes à ressources limitées.  
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Conflit d’intérêt : aucun  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 17