ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
une
augmentation
de
272%
des
cas
profondeur du coma était un facteur indépendant de
surmortalité retrouvé par tous les auteurs.
CONCLUSION
d’encéphalopathie d’étiologie indéterminée chez les
enfants hospitalisés pour coma non traumatique [8].
Le taux de mortalité dans notre étude était de 10,8%
et celui des guérisons avec séquelles neurologiques
7,5%. Ces taux étaient de 27,6% et 28,2% dans le
même service en 2012 [1]. Ce qui montre une nette
amélioration du pronostic même si la mortalité reste
encore élevée. Les faibles taux de réalisation des
Ce travail a permis de confirmer la vulnérabilité des
enfants de moins de 5 ans et de mettre en évidence la
réduction de la mortalité liée au coma non
traumatique de l’enfant au Togo. Les infections
étaient les causes prédominantes. L’amélioration du
plateau technique et l’élargissement de la couverture
sanitaire universelle à toute la population est
indispensable voire obligatoire afin de faciliter la
recherche des étiologies virales, fongiques et autres,
que ce soit pour les méningites ou les tableaux
septiques graves. Les techniques de biologie
moléculaire permettraient de poser le diagnostic des
méningites bactériennes décapitées par des
antibiothérapies avant l’admission à l’hôpital. Cette
bilans
biologiques
observés
confirment
les
difficultés financières des parents qui sont aggravées
par l’absence d’assurance médicale laissant tous les
frais et soins médicaux à leurs charges. Cette
situation explique en partie le faible taux de
réalisation des bilans à visée étiologique dans
l’exploration des états septiques graves, en
particulier les hémocultures. De plus, le dosage de la
CRP et l’examen cytobactériologique des urines
n’étaient pas réalisés aux heures de garde et le
weekend. Le screening complet des patients pour le
test de diagnostic rapide du paludisme et la glycémie
capillaire à l’admission a été possible grâce à une
prise en charge gratuite de ces deux examens. En
zone d’endémie, une GE et/ou un TDR positif
n’exclut pas une autre étiologie associée mais la
limitation du plateau technique n’a pas permis de les
explorer. La cause infectieuse était la plus fréquente
(95%). Ce qui est conforme aux données de la
littérature [3,8-11]. Cependant, il existe selon la zone
géographique où l’étude est réalisée, une différence
importante de la nature et de la répartition des agents
infectieux responsables de cette infection. En
Afrique subsaharienne, le paludisme est l’étiologie
principale du coma non traumatique de l’enfant avec
des proportions variables allant de 36,2% à 90,8%.
En Turquie et au Pakistan, des fréquences plus
élevées d’encéphalite virale et de méningite
bactérienne avaient été retrouvées [3,11]. La
réduction de l’incidence du paludisme pose un défi
diagnostique dans la recherche étiologique des
comas non paludiques dans les pays à ressources
limités [12] même si parfois, malgré une recherche
approfondie des agents infectieux par des techniques
de microbiologie et de biologie moléculaire, aucun
agent pathogène n’est isolé, dans des proportions
pouvant atteindre 45% [13]. Une part importante
d'enfants répondant à la définition clinique de l'OMS
du paludisme cérébral peut avoir une encéphalite
virale ou une méningite bactérienne. Ceci souligne
la nécessité d'un diagnostic microbiologique
approfondi chez les patients soupçonnés d'avoir une
infection du système nerveux central [14,15]. La
recherche étiologique est difficile dans les pays en
voie de développement et des techniques de PCR
améliorent sensiblement les résultats des recherches
étiologiques [16,17]. Au Bénin, zone d’endémicité et
de forte transmission de paludisme comme au Togo,
aucune cause n’avait été retrouvée dans 7% des cas
de coma non traumatique chez l’enfant malgré une
recherche étiologique approfondie [18]. La
recherche
étiologique
approfondie
permettra
d’adapter les recommandations et d’orienter les
lignes directrices en matière de prise en charge et de
prévention dans les contextes à ressources limitées.
REFERENCES
1. Balaka B, Douti L, Azoumah D, Bakondé B,
Agbèrè AD, Kessié K. Etiologies et pronostic
des comas non-traumatiques de l’enfant à
l’Hôpital universitaire de Lomé. Journal de la
Recherche Scientifique de l’Université de Lomé
2012;14:33–40.
2. Asse KV, Plo KJ, Yenan JP, Akaffou E,
Kouamé M, Yao KC. Comas non traumatiques
de l’enfant à Abidjan. Rev Afr Anesth Med Urg.
2012;17(2):18-24.
3. Ibekwe RC, Ibekwe MU, Onwe OE, Nnebe-
Agumadu UH,
Ibe
BC.
Non-traumatic
childhood coma in Ebonyi State University
Teaching Hospital, Abakaliki, South Eastern
Nigeria. Niger J Clin Pract 2011;14:43-6.
4. Wong C, Forsyth R, Kelly T, Eyre JA.
Incidence, aetiology, and outcome of non-
traumatic coma: a population based study. Arch
Dis Child 2001;84:193-9.
5. Ahmed S, Ejaz K, Shamim MS, Salim MA,
Khans MU. Non-traumatic coma in paediatric
patients: etiology and predictors of outcome. J
Pak Med Assoc. 2011;61(7):671-5
6. Duyu M, Karakaya Altun Z, Yildiz S. Non
traumatic coma in the pediatric intensive care
unit: etiology, clinical characteristics and
outcome. Turk J Med Sci 2021;1:214-23.
7. Tsolenyanu E, Bancroft RE, Sesay AK,
Senghore M, Fiawoo M, Akolly D, et al.
Etiology of Pediatric Bacterial Meningitis Pre-
and PostPCV13 Introduction Among Children
Under 5 Years Old in Lomé, Togo. Clinical
Infectious Diseases 2019;69(S2):97–104.
DOI: 10.1093/cid/ciz473 ; ISSN: 1058-4838.
8. Gwer S, Thuo N, Idro R, Ndiritu MB, Newton
C, Kirkham F. Changing trends in incidence and
a etiology of childhood acute non-traumatic
coma over a period of changing malaria
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 16